La science de l’intégration structurelle

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La tenségrité

En utilisant le toucher, les rolfeurs-euses (en anglais Rolfers™) appliquent des pressions multidirectionnelles sur le réseau des fascias du corps humain, ce qui leur permet d’optimiser la structure corporelle de leurs clients. Lorsque le corps est en meilleur alignement avec son axe de gravité, il dépense moins d’effort pour être debout et se mouvoir, et son fonctionnement neurobiologique se fait plus librement.  En d’autres mots, le corps est tout simplement plus confortable et mieux déposé.

La structure humaine ne se résume pas à un simple squelette fait d’os empilés les uns sur les autres. Le corps est en réalité une structure dotée de la faculté de tenségrité, grâce à laquelle les os créent de l’espace pour permettre les dynamiques de flexion et de torsion, au sein d’un système résilient qui s’autocorrige.  L’intégration structurelle par le Rolfing® peut être utilisée pour restaurer l’équilibre du corps suite à des traumatismes, des troubles musculo-squelettiques, au syndrome du mouvement répétitif, à des problèmes de développement, etc. Il peut aussi servir à améliorer les performances sportives ou artistiques, et à actualiser dans le corps les démarches de croissance personnelle et spirituelle.

Le réseau des fascias

Chacun d’entre nous sur cette planète interagit avec le champ de la gravité. La docteure Ida P. Rolf a postulé que la gravité est le thérapeute : le travail du praticien en Rolfing consiste à réorganiser le corps comme s’il était un fil électrique, afin qu’il laisse la force de gravité circuler plus librement. Pour ce faire, les rolfeurs manipulent les fascias. Les fascias sont un réseau de tissus conjonctifs densément peuplé de mécanorécepteurs; ils sont «l’organe de la forme » : leur rôle est de préserver la structure du corps sous l’action de la gravité.

La recherche nous enseigne que les fascias agissent comme des fils électriques conduisant des charges locales : c’est l’effet piézoélectrique. Ils sont dotés de mécanorécepteurs qui fonctionnent en arc réflexe pour réguler rapidement la vasodilatation. Ils disposent de neurones sensoriels connectés au système nerveux autonome, et possèdent des motoneurones les reliant aux cellules musculaires lisses contractiles. Les fascias sont vivants : ils perçoivent, ont une dynamique de fluides complexe, et ils bougent. Ils maintiennent la forme du corps dans le champ gravitationnel, compte tenu du vécu et de la génétique de la personne.

La gravité

Toute notre vie, la force gravitationnelle de cette grande masse qu’est la planète Terre attire constamment notre comparativement minuscule masse humaine vers son centre. Heureusement, nous ne sommes pas toujours en train de tomber, car la surface de la planète nous pousse vers le haut avec une force opposée équivalente, appelée force normale.

À la différence des colonnes et tours érigés en hauteur qui illustrent bien le principe d’alignement vertical statique, le corps est une structure vivante, dynamique, capable de gérer les forces diverses et complexes qui lui permettent de fléchir, se tordre, se déplacer, soutenir une pression, supporter un poids, etc. Idéalement, lorsqu’elle est debout, la structure humaine est organisée selon une ligne verticale virtuelle correspondant à son axe de gravité; lorsqu’elle bouge, cette ligne est comme une voie centrale où convergent, se conjuguent et circulent les forces d’appui et de propulsion.

La docteure Ida P. Rolf et le corps professoral de l’Institut Rolf d’Intégration Structurelle ont développé des modèles holistiques décrivant les patrons de la forme humaine et analysant comment la gravité en détermine la verticalité et l’équilibre. Les rolfeurs apprennent à ressentir les effets de cette force incontournable sur leurs propres corps, et en observant les gens qui les entourent. Ce savoir-faire est donc basé sur l’expérience directe. Il éclaire les stratégies de manipulations qui servent les objectifs du Rolfing, pour le mieux-être des clients.

 

Le toucher comme facteur de changement

20e siècle : modèle mécanique

En son temps, la docteure Ida P. Rolf a démontré par des preuves photographiques comment la posture de ses clients s’était transformée. Elle postulait que ces changements structurels sont le résultat d’une action mécanique, c’est-à-dire que l’application de pression induit l’étirement des fascias, l’allongement de segments chroniquement courts et le dénouement des tensions, ce qui permet de réorganiser le corps en profondeur, et le réaligner avec son axe de gravité.

21e siècle : modèle neurobiologique

En 2003, Robert Schleip, Ph. D., a publié une étude phare pour la communauté de l’intégration structurelle : Fascial plasticity – a new neurobiological explanation, Part 1 and Part 2 (en anglais seulement).  Il y démontre que les changements dans les fascias ne s’expliquent pas seulement par l’étirement des tissus conjonctifs. Des recherches plus récentes décrivent l’innervation et les mécanorécepteurs à l’œuvre dans le fascia, ainsi que l’action des cellules musculaires lisses, ce qui indique que le fascia lui-même se contracte. Le docteur Schleip postule donc que l’intervention par le toucher sur les fascias, en plus d’avoir un effet mécanique, entraîne un changement neurologique palpable dans les tissus.

Pour en savoir plus, lisez la page Les fascias dans l’axe gravitationnel.