La science de l’intégration structurelle

PHILOSOPHIE et PHYSIQUE du ROLFING®

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Par leur toucher thérapeutique, les rolfers induisent une pression multidirectionnelle sur le réseau des fascias du corps humain. Les rolfers utilisent ce canal pour déceler la meilleure façon d’organiser la structure corporelle d’une personne dans le champ de la gravité. Il fait mieux vivre dans notre corps lorsqu’il est organisé autour d’une ligne verticale gravitationnelle, quand il fournit un minimum d’effort pour se tenir debout et quand la neurobiologie des fascias est libre de façon telle que la récupération soit l’état dominant.

Stress ←→ Repos

Tension ←→ Soulagement

La vérité est que la structure humaine ne se résume pas à un simple squelette fait d’os empilés les uns sur les autres. La forme humaine est en réalité une structure dotée de la faculté de tenségrité, dans laquelle les os créent de l’espace pour permettre la flexion et la torsion dynamiques au sein d’un système résilient qui s’autocorrige. L’intégration structurelle par le Rolfing® est une thérapie manuelle qui restaure l’équilibre entre les forces du corps humain par suite d’un événement traumatique, de troubles musculosquelettiques ou de problèmes de développement, voire qui améliore la « performance » humaine.

La philosophie

Chacun d’entre nous sur cette planète interagit avec le champ de la gravité. Pour les rolfers, la gravité est un outil : ils dirigent en fait « le flot de la gravité en organisant le corps comme s’il s’agissait d’un fil électrique laissant circuler la gravité », disait la docteure Ida P. Rolf. Pour ce faire, les rolfers manipulent les fascias, ce réseau de tissus conjonctifs densément peuplé de mécanorécepteurs, comme l’a constaté Robert Schleip (2003), et qui constitue l’organe de la forme dont le rôle est de préserver la structure sous l’action de la gravité.

La recherche nous enseigne en outre que le fascia lui-même s’apparente à un fil : il conduit des charges locales, décrites comme un effet piézoélectrique, il est doté de mécanorécepteurs qui fonctionnent dans un arc réflexe pour agir rapidement sur la vasodilatation, il dispose de neurones sensoriels reliés au système nerveux autonome et il est doté de motoneurones qui relient les cellules musculaires lisses responsables de la contraction par le réseau myofascial. Et le fascia est vivant : il perçoit, a une dynamique de fluides complexe et bouge. Le fascia organise de façon optimale le corps dans l’axe de la gravité, une organisation teintée par le vécu et la génétique de la personne. Les rolfers aident l’être humain à acquérir un sentiment d’aisance, de confort et de force corporels, mais aussi à lui procurer la sensation durable de vivre dans une structure équilibrée et en harmonie avec la gravité.

La physique

Toute notre vie, la gravité de cette grande masse qu’est la planète Terre attire constamment notre masse humaine relativement petite vers son centre. Or heureusement, notre vie ne se résume pas à tomber. La surface de la planète (le sol, la terre) nous attire vers le haut avec une force opposée équivalente : la force de pression. Conjuguées, la gravité et la force de pression nous rendent stationnaires, mais pas nécessairement bien organisés.

Les structures érigées en hauteur doivent être équilibrées dans le champ de la gravité pour demeurer debout, à l’instar d’une tour. Les maçons qui construisent des tours et colonnes utilisent un poids suspendu au bout d’un fil pour démontrer la verticalité de leurs structures. Ils évaluent les forces de compression des pierres empilées les unes sur les autres. Si les structures de pierre illustrent la verticalité, elles ne se comparent néanmoins pas aux forces dynamiques à l’œuvre dans notre corps. La structure humaine vivante est faite d’eau s’organisant dans la verticalité, les os denses des tissus visqueux étant attirés vers le haut sous l’effet de la force de pression. La structure humaine possède une ligne verticale; c’est une structure dynamique non linéaire qui peut gérer des forces diverses (celles qui font fléchir, soutenir une pression, effectuer une rotation) et supporter un poids complexe.

Le rolfer observe toujours la gravité dans son propre corps d’abord, puis chez ceux qui l’entourent. Il voit simultanément les effets de la gravité sur les fascias et les os, de même que leurs relations. La docteure Ida P. Rolf et le corps professoral du Rolf Institute of Structural Integration (RISI) avaient décrit des modèles holistiques pour observer les patrons organisant le corps humain, l’équilibre et le déséquilibre dans le champ de gravité. Chaque os a une position unique et sa propre gestuelle dans la gravité. Le fascia se contracte et se relâche quant à lui pour permettre le mouvement et l’organisation verticale de l’ossature. La gravité est toujours en jeu, informant l’expérience de la verticalité. Un rolfer voit la structure et la fonction, puis accompagne le client par son toucher dans sa recherche d’équilibre au sein du champ de la gravité.

Quel mécanisme ayant pour effet de restaurer l’équilibre est à l’œuvre dans les fascias grâce au Rolfing®?

20e siècle : modèle mécanique

– La force du toucher étire les fascias et dénoue les nœuds laissés par une lésion aux tissus mous.

21e siècle : modèle neurobiologique

– L’intégration structurelle agit sur les tissus nerveux des fascias, ce qui module la dynamique des fluides du tissu de la région concernée, modifie l’état autonome de la personne et influence le niveau de contraction des muscles lisses dans le fascia même.

La docteure Ida P. Rolf a montré par des preuves photographiques avant et après une série de dix séances d’intégration structurelle par le Rolfing® comment la posture de ses clients s’était transformée. Elle postulait que le changement structurel était une action mécanique, c’est-à-dire que la pression de ses mains induisait l’étirement des fascias, l’allongement de segments du corps chroniquement courts et le dénouement des tensions de façon méthodique.

En 2003, Robert Schleip, Ph. D. a publié une étude phare pour la communauté de l’intégration structurelle, intitulée Fascial plasticity – a new neurobiological explanation, Part 1 and Part 2. Il y décrit comment Ida P. Rolf comprenait le modèle mécanique et en quoi la recherche depuis son décès montre que le changement dans les fascias ne s’explique pas seulement par l’étirement mécanique des tissus conjonctifs. La recherche actuelle décrit en fait l’innervation et les mécanorécepteurs à l’œuvre dans le fascia, ainsi que l’action des cellules musculaires lisses qui indique que le fascia lui-même se contracte. Le docteur Schleip postule que l’intervention par le toucher sur les fascias entraîne un changement neurologique palpable dans les tissus.

Pour en savoir plus, lisez la page Les fascias dans l’axe gravitationnel.